En pays igbo occidental (Anioma), l’Ekumeku — souvent traduit « le tourbillon invisible et dévastateur » ou « n’en parle pas » — résista à la Royal Niger Company puis à l’administration coloniale pendant environ trente et un ans. De jeunes hommes (otu okorobia) de nombreuses villes prêtaient des serments secrets et combattaient par embuscades, communication silencieuse et raids surprises plutôt que par des batailles rangées. Parmi les chefs dont on se souvient figurent Dunkwu Isusu, Nwabuzo Iyogolo, Awuno Ugbo, Agbambu Oshue et Idegwu Otokpoike.
Le mouvement naquit en réaction aux tribunaux indigènes, aux chefs imposés et à la pression missionnaire, après des bombardements britanniques comme ceux de Ndoni (1870) et d’Onicha-Ado (1897). La Grande-Bretagne fut contrainte à un règlement provisoire en 1898. Les combats reprirent en 1902, 1904 et 1909 ; en 1904 le mouvement se replia sur la défense de chaque ville, et la reprise de 1909 commença par un conflit de succession à Ogwashi-Uku.
