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Traite et résistance · 1/5

La Confédération aro et l’Ibini Ukpabi

Marchands, oracle et guerriers : le réseau qui a dirigé une région.

2 min de lecture

À l’apogée de la traite atlantique (XVIIe–XIXe siècles), la Confédération aro (v. 1690–1902), centrée sur Arochukwu, bâtit un réseau commercial, religieux et militaire à travers l’arrière-pays du golfe du Biafra. Les Aro se nommaient Umu Chukwu, « Enfants du Dieu suprême ».

Leur pouvoir reposait sur l’Ibini Ukpabi, l’oracle que les Britanniques appelèrent « Long Juju », installé dans un complexe de grottes avec un cours d’eau et un « trône du jugement ». Comme les communautés igbo décentralisées n’avaient pas de cour d’appel centrale, l’oracle jouait le rôle de juge suprême dans les affaires de terres, de meurtres et de sorcellerie. Les verdicts étaient sans appel : les innocents étaient acquittés, tandis que les coupables étaient dits « dévorés ».

Les historiens ont montré que beaucoup de condamnés étaient en réalité évacués en secret et vendus à des acheteurs européens dans des ports comme Bonny, Onitsha, Abonnema et Oguta. Quand les verdicts ne fournissaient pas assez de captifs, les Aro s’alliaient à des guerriers mercenaires des communautés abam, ohafia et edda, qui menaient des raids pour leur compte. Les spécialistes discutent encore de l’ampleur exacte, mais le système créa une profonde insécurité dans l’arrière-pays.

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