L’igbo est une langue tonale. Le profil de hauteur d’un mot fait partie du mot. Echeruo décrit l’igbo comme une langue à deux tons (haut et bas) assortis d’un troisième trait, le downstep (abaissement progressif), dans lequel un ton haut est placé légèrement plus bas que le ton haut qui le précède. Le guide d’apprentissage d’Obia enseigne au contraire trois marques : haut (´), bas (`) et plat ou moyen (¯).
L’exemple classique est akwa. Echeruo donne quatre mots correspondant à quatre profils tonaux : akwa « larme, pleur ; aussi lamentation funèbre » (haut-haut), « tissu » (haut-bas), « œuf » (bas-haut) et « pont » (bas-bas).
| Profil tonal | Sens |
|---|---|
| akwa [haut-haut] | larme, pleur ; lamentation funèbre |
| akwa [haut-bas] | tissu |
| akwa [bas-haut] | œuf |
| akwa [bas-bas] | pont |
Obia donne d’autres paires : égbé « aigle » et égbè « fusil » ; ényì « ami » et ényí « éléphant ». Echeruo ajoute que afọ signifie « année » avec un profil et « ventre » avec un autre.
La plupart des écrits courants laissent les tons non marqués et les lecteurs déduisent le sens du contexte. Le dictionnaire d’Echeruo note le « ton lexical par défaut », c’est-à-dire le ton d’un mot prononcé isolément, et non toutes les modifications causées par la phrase environnante. Il avertit aussi que le marquage des tons n’est pas obligatoire en igbo et qu’il n’y a pas d’accord sur la question de savoir s’il faut marquer tous les tons ou seulement les tons bas.
Sources de cet article
- Echeruo 2001, introduction sur le ton ; entrée akwa
- Obia 2020, marques tonales et exemples, p. 1–4
