Forme des mots. Les mots igbo sont construits à partir de syllabes ouvertes. Le précis d’Okorochukwu énonce la règle selon laquelle une consonne est toujours suivie d’une voyelle et deux consonnes ne se côtoient jamais, sauf dans les digrammes. Echeruo montre qu’il s’agit d’une simplification : les nasales syllabiques, comme au début de mmiri « eau », existent aussi. Il décrit l’igbo comme « essentiellement une langue de deux syllabes (VCV ou CV(V)) » : les noms commencent généralement par une voyelle, une semi-voyelle ou une nasale syllabique, et les verbes commencent toujours par une consonne.
Rencontres de voyelles. Okorochukwu décrit trois processus. L’assimilation : une voyelle fait sonner sa voisine comme elle-même. L’élision : une voyelle disparaît lorsque deux mots se joignent, comme dans nwa + oke → nwoke « mâle », nwa + anyị → nwanyị « femme », uso + ekwu → usekwu « cuisine ». L’harmonie : les voyelles pointées (ị, ọ, ụ) tendent à rester ensemble dans un même mot et a s’associe à l’un ou l’autre groupe. Echeruo qualifie l’harmonie vocalique de « pilier » de la description des sons igbo, mais note qu’aucune théorie ne rend encore compte de chaque mot.
Parties du discours. Le précis emploie des noms igbo : nnọchiaha (pronom), mkpụaha (nom), ngwaa (verbe), mbụụzọ (préposition), njikọ (conjonction), nkọwaokwu (adverbe), nkọwaaha (adjectif). L’igbo compte peu de véritables adjectifs ; le précis en énumère une dizaine (grand, petit, noir, blanc, nouveau, bon, mauvais, vieux, long, sale) et Echeruo observe que des noms peuvent remplir la fonction d’adjectifs, souvent avec dị « être ».
<em>na</em> remplit quatre fonctions
Conjonction « et » (anụ na azụ, viande et poisson) ; préposition (n’elu oche, sur la chaise) ; auxiliaire du continu (ha na-aga egwu, ils vont danser) ; et élément du verbe « se trouver à » (Ọ nọ n’ụlọ, il est à la maison).
<em>ga</em> marque le futur
Ị ga-aga ahịa, tu iras au marché. Ha ga-abịa, ils viendront. Anyị ga-enwe nmeri, nous aurons la victoire.
Les pluriels
Le pluriel est marqué par un mot, non par une terminaison : otu onye « une personne », mmadụ abụọ « deux personnes », ndị mmadụ ou ụmụ mmadụ « les gens ». Le marqueur ndị forme aussi des noms ethniques : ndị Igbo.
Poser des questions
Gịnị? quoi ; Ebee? où ; Kedu mgbe? quand ; Maka gịnị? pourquoi ; Kedụ ka ị mere? comment vas-tu ?
Okorochukwu donne aussi des phrases modèles pour les énoncés simples, coordonnés, complexes et négatifs, par exemple Ada bịara ma ọ hụghị anyị « Ada est venue mais ne nous a pas vus ». La négation se construit avec le suffixe -ghị. Ce livret est un guide pour débutants et non une grammaire descriptive ; ses règles doivent être lues dans cette perspective.
Sources de cet article
- Okorochukwu 2020, règles des voyelles ; parties du discours ; fonctions de na et ga
- Echeruo 2001, introduction (structure syllabique, verbes, adjectifs)
