Dans la Narrative, Equiano situe sa naissance à « Essaka », dans le monde de langue igbo. Catherine Acholonu, dans Korieh (2009, chapitre 2), identifie Essaka à Isseke, dans la région d’Ihiala de l’actuel État d’Anambra, dans l’aire culturelle d’Orlu, à l’est du Niger. Elle met en avant des coutumes concordantes (un seul Dieu suprême, offrandes à la récolte, pythons considérés comme sacrés, coton teint en bleu, scarification ichi) et un nom de famille, Ekwealuo, qu’elle signale à Isseke. Elle lit aussi sa mention d’un domaine à « Elese » comme Ala-Isse, « la terre des cinq ».
Plusieurs chapitres du même livre soutiennent une naissance africaine pour d’autres raisons. Dorothy Ukaegbu soutient que les emplois par Equiano de « country » (pays) et de « nation » correspondent à l’organisation clanique igbo du XVIIIe siècle, et que des termes igbo tels que embrenche ainsi que les détails de l’ichi n’ont de sens que pour quelqu’un élevé dans cette culture.
La contestation est venue de Vincent Carretta (Equiano, the African, 2005). Il a trouvé un acte de baptême de St Margaret’s, Westminster, daté du 9 février 1759, pour un « Gustavus Vassa » de douze ans décrit comme né en Caroline, ainsi qu’un rôle d’équipage de navire de 1773 qui mentionne lui aussi les Carolines. Il en a conclu qu’Equiano pourrait avoir inventé, plutôt que retrouvé, une identité africaine.
Sources de cet article
- Korieh (ed.) 2009, chap. 2 (Acholonu), p. 49–66 ; chap. 3 (Ukaegbu), p. 67–92
- Carretta 2005, ensemble de l’ouvrage
- Lovejoy 2006, p. 317–347
