Chima Korieh, à partir de la Transatlantic Slave Trade Database (Eltis et al. 1999), compte 941 463 personnes embarquées dans la baie du Biafra, soit 11,9 pour cent de tous les Africains embarqués et 16,6 pour cent de ceux dont la région est connue. Douglas Chambers estime à environ 1,7 million sur 11,6 millions (1470–1860) le nombre de personnes venues du Biafra, dont environ 80 pour cent de locuteurs de l’igbo, surtout sur des navires britanniques. Daniel Kloza donne 760 242 débarqués depuis le Biafra, soit près d’un quart des importations en Amérique du Nord.
Tous les navires partis du Biafra ne transportaient pas uniquement des Igbo. La base de données enregistre le lieu d’embarquement, non l’appartenance ethnique, et l’étiquette « igbo » dans une grande partie de la littérature est déduite de l’arrière-pays des ports (Bonny, Calabar, New Calabar). Korieh note que les deux tableaux des destinations dans son chapitre et dans celui de Kloza diffèrent parce qu’ils interrogent des périodes différentes.
| Destination | Nombre |
|---|---|
| Jamaïque | 218 000 |
| Dominique | 57 000 |
| Barbade | 52 000 |
| Grenade | 38 000 |
| Saint-Christophe | 36 000 |
| Cuba | 36 000 |
| Saint-Domingue | 30 000 |
| Virginie | 23 000 |
| Martinique | 20 000 |
| Trinité | 10 000 |
Chambers ajoute qu’au cours de la première moitié du XVIIIe siècle, environ 57 pour cent des quelque 63 500 Africains débarqués dans la baie de Chesapeake venaient du Biafra, de sorte que la Virginie est devenue une destination igbo majeure, avec au moins 25 000 Igbo entre les années 1710 et les années 1740. James Rawley, cité par Korieh, situe le Biafra à 38 pour cent des importations de la Virginie de 1710 à 1760.
Sources de cet article
- Korieh (ed.) 2009, chap. 13 (Korieh), p. 292–295 ; chap. 14 (Chambers) ; chap. 16 (Kloza), p. 350–352
- Eltis et al. 1999, base de données
