L’Igboland était l’arrière-pays du commerce atlantique de la baie du Biafra. Raphael Njoku et Ogbu Kalu, dans Korieh (2009), décrivent un réseau commercial dans lequel les Aro d’Arochukwu et les intermédiaires de la cité côtière d’Ubani (Bonny) déplaçaient personnes et marchandises entre l’intérieur et les ports. Njoku affirme que la traite atlantique a atteint l’intérieur igbo au XVIIe siècle, assertion qu’il n’étaye pas en détail.
Les marchés et les routes étaient protégés par des règles plutôt que par un État : caravanes avec escortes, droits de protection versés aux patrons, mots de passe des sociétés secrètes et péages pour les jeunes hommes qui dégageaient et patrouillaient les routes. Des spécialistes rituels itinérants, tels que les prêtres et devins de Nri, voyageaient sans être molestés. L’expression de David Northrup, Trade without Rulers (commerce sans gouvernants), citée par Njoku, résume le système.
Des spécialistes locaux échangeaient leurs compétences : les forgerons d’Awka, de Nkwerre et d’Abiriba, et les tisserands de l’étoffe d’Akwete, qui échangeaient du tissu contre du poisson, des écrevisses et des barres de fer. Les exportations d’étoffe d’Akwete ont décliné à partir du troisième quart du XIXe siècle en raison de la concurrence des importations de Manchester, point que Njoku tire de Talbot.
Lorsque la Grande-Bretagne a aboli la traite en 1807, l’esclavage n’a pas disparu. Kalu cite Afigbo et Ohadike : les intermédiaires ont ignoré la nouvelle politique, et les prix des esclaves sur le Bas-Niger ont chuté après 1840. Le système aro s’est déplacé vers l’huile et les noix de palme.
Le véritable but de l’expédition contre les Aro était de briser le monopole commercial des Aro plutôt que de promouvoir l’influence missionnaire.
Colonel Moorhouse, cité dans Njoku (Korieh 2009, p. 169)
Sources de cet article
- Korieh (ed.) 2009, chap. 7 (R. Njoku), p. 157–177 ; chap. 8 (Kalu), p. 179–201
- Isichei (ed.) 1978, histoires orales
